Fcbe : un pari irréaliste pour les élections générales de 2026 ?

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Le parti Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) ambitionne d’atteindre la barre des 20 % lors des élections générales de 2026. Si cette aspiration est légitime, elle semble toutefois dépourvue de réalisme, au regard des performances électorales de cette formation politique au cours des dernières années.

Quelle place pour la FCBE sur l’échiquier politique national ?

Cette interrogation, bien que provocatrice, mérite d’être posée, surtout lorsque le Secrétaire exécutif du parti annonce, avec une confiance manifeste, un objectif de 30 % des suffrages lors des prochains scrutins. Cette déclaration, formulée lors du dernier conseil ordinaire du parti, a suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique. Nombreux sont les Béninois qui y ont vu une ambition démesurée, voire une incantation politique. Pourtant, il est indéniable que la FCBE conserve une certaine légitimité dans le paysage politique béninois.

Une performance électorale hors de portée ?

Lors des législatives de 2023, la FCBE, sous la direction de Paul Hounkpè, n’a même pas franchi la barre des 10 % des suffrages. Ce résultat décevant est d’autant plus significatif qu’il a été enregistré à une période où le parti jouissait encore d’un certain ancrage local, avec plusieurs communes sous son contrôle et un accès plus aisé aux médias du service public.

Aujourd’hui, la situation est toute autre : la dynamique du parti s’est essoufflée, ses activités sur le terrain se sont raréfiées, et de nombreux militants ont déserté ses rangs pour rejoindre d’autres formations. Face à cette réalité, comment Paul Hounkpè et ses partisans peuvent-ils prétendre atteindre les 30 % en 2026 ? Certes, la FCBE dispose d’atouts, mais dans le contexte politique actuel, la tâche semble excessivement ardue pour les héritiers politiques de Boni Yayi.

Vers une fusion pour préserver l’avenir ?

Le paysage politique béninois est aujourd’hui marqué par la création d’un cadre de concertation regroupant les partis de l’opposition. Ce creuset, mis en place récemment, vise notamment à assurer une meilleure transparence du fichier électoral. Il pourrait également servir de socle à une large coalition en vue des élections de 2026.

Toutefois, la FCBE semble suivre une trajectoire solitaire, son Secrétaire exécutif ayant déclaré que le parti ne s’inscrivait pas dans la logique d’une réforme du code électoral ni d’une révision de la liste électorale. Une telle posture pourrait compromettre toute possibilité d’alliance avec les autres formations de l’opposition. Dans ce contexte, la FCBE risque de s’engager dans une impasse, s’exposant à un déclin inévitable au lendemain des élections générales de 2026.

Dès lors, une fusion avec d’autres partis apparaît comme une solution stratégique pour éviter l’effondrement. Mais pour que cette option soit viable, il serait nécessaire que chaque camp dépasse les querelles internes et privilégie une dynamique unitaire. À défaut, la scène politique béninoise pourrait se retrouver dominée sans partage par les deux principales formations de la mouvance présidentielle.

Serge AVIDJÈMÈ

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