Depuis plusieurs jours, l’ancien président de la République, Boni Yayi, multiplie les rencontres avec d’anciens présidents d’institutions. Officiellement, il s’agit d’une démarche visant à leur présenter ses vœux pour la nouvelle année. Toutefois, au-delà de cette justification protocolaire, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les véritables motivations de cette initiative, qui ne manque pas d’arrière-pensées politiques.
Dans quelques semaines, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) ouvrira la période de dépôt des candidatures pour les élections municipales, communales et législatives de 2026. Comme à l’accoutumée, cette échéance électorale sera précédée d’intenses tractations et jeux d’influence dans les coulisses de la scène politique béninoise. C’est dans ce contexte que Boni Yayi, aujourd’hui à la tête du parti Les Démocrates, semble s’inscrire en initiant cette tournée de rencontres avec d’anciens hauts responsables du pays.
Selon ses propres déclarations, il s’agit d’un geste de courtoisie à l’égard de ceux qui ont occupé, à un moment donné, les plus hautes fonctions de l’État. Une démarche louable en apparence, mais dont l’objectif réel suscite bien des interrogations. D’autant plus que, peu après sa visite à Adrien Houngbédji, ce dernier a fait une sortie médiatique qui alimente encore les spéculations. Certains observateurs estiment que leurs échanges ont principalement porté sur le code électoral et les stratégies en vue des échéances à venir.
La qualité des personnalités rencontrées intrigue également : Nicéphore Dieudonné Soglo, Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Robert Dossou, Théodore Holo et plus récemment Antoine Kolawolé Idji. Un point commun unit presque tous ces hommes : leur soutien, affiché ou implicite, aux actions du pouvoir en place. Dès lors, pourquoi Boni Yayi, leader d’un parti d’opposition, prendrait-il la peine de leur rendre visite, alors que la période consacrée aux échanges de vœux est désormais révolue ?
S’agit-il d’un simple acte de grandeur et d’humilité de la part de l’ancien chef de l’État, ou bien d’une subtile stratégie politique en vue des échéances électorales de 2026 ? Une chose est certaine : cette tournée n’a rien d’anodin. Il faudra donc attendre les semaines à venir pour en comprendre toute la portée.
Serge AVIDJÈMÈ
