Drame à sèmè- kraké : le kpayo tue 34 personnes et fait 20 blessés graves

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L’essence frelatée communément appelée Kpayo a encore frappé. La cible cette fois ci n’est rien d’autres que les populations de la localité de Sèmè Kraké, zone de commercialisation par excellence de ce produit aussi important pour la survie des populations. Le drame qui a eu ce samedi 23 septembre 2023 a fait plus de 30 morts et une vingtaine de blessées.

Peut-on vivre sans les produits pétroliers ? Cette question est sans ambages. C’est non ! Et pourtant au Bénin trouver ce précieux liquide relève d’un véritable parcourt de combattant. C’est cela qui a favorisé l’essor de la vente illicite de ce produit très important. Mais la manière dont il est commercialisé pose souvent de véritables problèmes et déclenche parfois de la part des pouvoirs publics une lutte farouche. Mais c’est sans compter avec l’ingéniosité de certaines personnes qui de tous les moyens pour l’avoir. C’est d’ailleurs cette méthode qui a tourné au drame ce samedi à la frontière bénino-nigériane à hauteur de Sèmè Kraké. En effet, il sonnait environ 9 heures 45 minutes quand une fumée épaisse a fait son apparition dans un entrepôt de stockage de produits pétroliers. Ce bâtiment connu de toute la population est selon certains témoins rencontrés sur les lieux du drame au petit matin de ce dimanche le lieu qui reçoit les toutes premières marchandises convoyées du Nigéria. Le carnage a commencé par un jeune homme qui rechargeait sa batterie de téléphone portable. Mal lui en a pris de faire de la manipulation de son appareil en pleine charge à côté du liquide inflammable. C’est alors que lorsqu’il manipulait son appareil, que le bâtiment pris feu. Les témoins rencontrés sur les lieux ont tous été unanimes de reconnaitre que la manière dont le produit est commercialisé pose souvent problème. Et pour cause, c’est dans des sachets que le liquide est convoyé vers le Bénin et ceci au vue et sue des postes de douane qui se trouvent le long du trajet. Une fois le liquide à destination chaque propriétaire vient récupérer sa marchandise pour l’amener à destination. Cette transaction aux dires des mêmes témoins se fait depuis des lustres. Même aux heures chaudes de lutte contre la commercialisation de l’essence frelatée, la population a toujours joui des fruits de cet entrepôt nous a confié Sabine, une femme qui habite le village. Les sapeurs-pompiers et les services de secours arrivés sur les lieux n’ont pu sauver qu’une vingtaine de personnes dont plusieurs ont été urgemment admis dans des hôpitaux pour les premiers soins.

Le gouvernement au chevet des sinistrés

Aussitôt que le drame s’est produit, des services de secours ont pu convoyer certains malades dont les cas sont critiques au CHNU de Cotonou. D’autres par contre ont trouvé leur point de chute CHUD –OP. Les cas les moins graves ont été envoyés dans les cliniques et centres de santé les plus proches. Dès que l’information lui est parvenue, le gouvernement a dépêché une équipe de quatre ministres conduites par le ministre de la santé. Ces derniers sont allés témoignés de leur soutien et de leur compassion aux victimes de cet incendie. Après leur sortie, Benjamin Hounkpatin n’a pas caché son émotion par rapport à ce qu’il a vu. Pour lui, à l’heure où il était en train de faire face à la presse, l’on dénombre 20 blessés dont 12 sont dans un état très critiques. Il n’a pas manqué de déplorer par ailleurs le jeune âge des personnes affectées par ce drame. Les 34 morts calcinés dont deux bébés témoignent de l’ampleur de l’incendie selon le ministre de la santé qui a profité pour annoncer que le gouvernement est à pied d’œuvre afin que de nombreuses mini station puissent voir le jour et permettre aux populations d’éviter ces drames. Et sur cette question de création de mini-stations au bord des voies, il est loisible de reconnaitre que tous les gouvernements qui se sont succédés à la tête du Bénin ont échoué sur la question car n’ayant pas apporté une réponse crédible à ce sujet qui taraude les esprits depuis des décennies. Sinon comment comprendre que depuis 1960, le Bénin ne dispose pas d’assez de station-service capable de servir les milliers de populations qui chaque se déplace à la recherche de la pitance quotidienne. Et pourtant, la proximité avec le grand voisin de, premier producteur du carburant en Afrique devrait être un atout. Malheureusement, pour s’approvisionner en carburant, l’état doit faire recours à l’Algérie pour obtenir ce qui est tout près de lui. Certains pays qui ont vite compris ont su prendre le taureau par les cornes en ouvrant de nombreuse mini station services. Ainsi, avec l’aménagement des routes qui se fait actuellement un peu partout dans le pays, le gouvernement devrait penser à créer des conditions pour l’ouverture de ces mini- station. Pour y arriver, il est important de créer des conditions fiscales favorables aux opérateurs économiques désireux investir dans ce domaine.

Déjà de la récupération sur le sujet

Quelques heures après ce carnage, l’ancien président de la république Boni Yayi s’est rendu sur les lieux pour constater les dégâts causés par cet incendie. Et déjà, des commentaires ont fusés de toute part sur cette démarche du président d’honneur du parti les Démocrates. Certains voient à travers ce geste une récupération politique. Pour ces derniers, durant le règne du prédécesseur de Patrice Talon, rien n’a été fait pour résoudre ce problème hautement important pour la République. Sortir après ce drame pour constater les dégâts causés par un incendie dont l’origine est l’essence frelatée n’est rien d’autres que du médecin après la mort. Pour d’autres, cette action témoigne de la grande manière de compatir aux douleurs des familles éplorées. Pour ces derniers, Boni Yayi vient une fois encore témoigner à la face du monde qu’il reste un homme doté de compassion et d’amour envers son prochain. L’un dans l’autre, le mal est déjà fait et il est désormais utile de prendre des dispositions pour ne plus assister à de pareilles tragédies.

Serge AVIDJEME

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