Invité sur l’émission spéciale de « la problématique de l’entrepreneuriat » de radio Océan FM, le Gestionnaire des risques financiers et chef d’entreprises Florent Houessou a partagé avec les jeunes les fondamentaux de l’entreprenariat autour du thème « Entreprendre au Bénin : un choix à la fois passionnant et périlleux ». L’objectif ambitieux de ce rendez-vous, est de stimuler le tissu entrepreneurial par un partage consistant d’expériences et un appel à l’action des autorités gouvernementales.
De plus en plus, de jeunes s’impliquent dans la création d’emploi, beaucoup d’entre eux entreprennent dans plusieurs secteurs. Cependant, nombreux sont-ils à faire face à beaucoup de difficultés, telles que le manque de financement et autres soutien susceptibles de les pousser à ne pas abandonner. Sur l’émission intitulée « la problématique de l’entrepreneuriat », Florent Houessou a mis les projecteurs sur les forces et faiblesses d’un bon entrepreneur. Pour lui, l’entrepreneuriat par définition est l’action d’entreprendre mais dans le domaine des finances il est perçu comme cette capacité à générer de l’argent et cette habileté à garder tout pour soi. A l’en croire, au-delà d’une simple définition, pour réussir en entrepreneuriat il faut pouvoir se doter de trois qualités dont la première est la patience. « Le jeune entrepreneur doit avoir la patience car la patience est cette aptitude à ne pas s’énerver face à des difficultés, à supporter les défaillances, les erreurs, etc. Faire preuve de patience est non négociable pour un entrepreneur qui veut aller loin. Secundo, le jeune entrepreneur doit être rigoureux et remplit d’humilité. » va-t-il fait remarquer. Dans une approche objective, l’invité du journaliste Jean-Luc Gadji va ajouter qu’« il faut que les jeunes aient une vision. Car selon lui, c’est la vision qu’on défend et non le budget. En absence de vision, on subit juste la vie. Il faut donc que les jeunes cessent de voir l’argent comme un obstacle. L’argent va vers ceux qui ont les bagages nécessaires pour le multiplier et non ceux qui en ont besoin. » Sans langue de bois, l’homme a levé un coin de voile sur les moyens par lesquels un jeune entrepreneur peut trouver facilement de financement. Pour lui, les sources de financement sont de trois ordres : l’autofinancement, les « love-money » et les associations. « Les jeunes doivent avoir le sens du sacrifice. L’autofinancement relève du sacrifice. Avant d’aller vers une institution financière pour demander un prêt, il faut avoir un minimum sur soi. S’il faut vendre son téléphone, son ordinateur ou sa moto pour avoir ce minimum, il faut le faire. Ensuite on pourra bénéficier des grâces des « love-money » constitués en majeur partie des gens de notre environnement immédiat. L’autre point important sur lequel Florent Houessou va mettre un accent particulier est la mentalité d’association. « La plupart des jeunes de nos jours n’aiment plus s’associer. Ils aiment l’association quand c’est pour des futilités comme les cérémonies mortuaires, etc, alors qu’il y a un grand avantage dans les associations. C’est en ça qu’avoir l’esprit d’initiative, s’apprend » a-t-il expliqué.
Pour le Gestionnaire des risques financiers, les gouvernants doivent favoriser l’émergence de l’entrepreneuriat car cela contribue également au développement. Malheureusement, souligne Florent Houessou, dans beaucoup de pays africains comme le nôtre, entreprendre n’est pas facile encore moins faire grandir et le manque d’accompagnement et l’accès aux financements restent des freins. Face à ce constat désolant, le Gestionnaire des risques financiers a proposé sa thérapie. « Sur les 545 arrondissements que compte notre pays, si le Gouvernement pouvait doter chaque arrondissement de deux conseillers en entrepreneuriat des jeunes, je pense qu’il y aurait une révolution dans le monde entrepreneurial. Par conséquent, il faut donc que l’Etat provoque le déclic en décidant d’accompagner les jeunes dans leurs idées d’entreprise », a-t-il précisé.
Il n’a pas manqué de féliciter le Gouvernement pour les efforts qui sont déjà faits dans le domaine en l’occurrence la facilité que les jeunes ont désormais de créer leur entreprise en moins de 2 heures.
Pancrasse Gandaho
