Département de l’Ouémé : La chicha prospère malgré l’interdiction, la Police appelée à agir

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Depuis le 28 janvier 2021, un arrêté préfectoral signé par le Préfet de l’Ouémé d’alors, Joachim Marie-Florès V. Apithy, interdit formellement l’usage de la chicha dans les lieux ouverts au public, notamment les bars, restaurants, maquis et autres espaces de divertissement. Ce texte juridique, pris en considération des impératifs de santé publique et de sécurité, visait à endiguer un phénomène dont les conséquences sanitaires et sociales sont largement documentées.

Pourtant, quatre années plus tard, force est de constater que cette mesure demeure lettre morte. Dans la capitale Porto-Novo comme dans plusieurs autres localités du département, les bars et restaurants continuent d’offrir la chicha à leurs clients, parfois au vu et au su de tous, comme si aucune interdiction n’existait. Dans certains établissements, elle coule littéralement « comme de l’eau », devenant presque un produit d’appel, en dépit des risques liés à sa consommation.

Cette situation interpelle directement les autorités compétentes, en premier lieu la Police Républicaine, le Directeur Départemental du Cadre de Vie et du Développement Durable, le Directeur Départemental de la Santé et les maires des communes de l’Ouémé, explicitement mandatés par l’arrêté préfectoral pour veiller à son application stricte. Leur inaction prolongée fragilise non seulement l’autorité de l’État, mais expose également la jeunesse à une pratique aux effets nocifs connus, parmi lesquels la dépendance, les troubles respiratoires et les maladies chroniques.

Il est donc urgent que la Police Républicaine prenne ses responsabilités en déclenchant une lutte effective contre l’usage de la chicha dans les lieux publics, conformément aux prescriptions légales en vigueur. Cette rigueur attendue contribuerait à réaffirmer la crédibilité des décisions administratives, à préserver la santé des populations et à restaurer l’ordre public dans le département de l’Ouémé.

Au-delà de la répression, une vaste campagne de sensibilisation devrait accompagner l’application de cette mesure, afin d’éclairer l’opinion publique sur les dangers de la chicha et d’amener les jeunes à s’en détourner. L’heure n’est plus à la complaisance : l’arrêté existe, il appartient désormais à la force publique de le faire respecter.

Marc KOSSOU

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