Le climat sociopolitique togolais s’est considérablement tendu ces dernières semaines. Lors d’une conférence de presse conjointe, les ministres de la Sécurité et de l’Enseignement technique ont formellement mis en cause le Mouvement du 6 juin (M66) dans l’organisation des récentes manifestations hostiles au régime de Faure Gnassingbé.
Les autorités ont annoncé l’émission de mandats d’arrêt à l’encontre de plusieurs membres de la société civile togolaise, soupçonnés d’avoir orchestré, depuis l’étranger, des appels à la contestation ayant conduit à quatre journées de mobilisation en juin dernier. Bilan officiel : cinq morts. Les ONG, quant à elles, évoquent sept victimes.
Le colonel Calixte Madjoulba, ministre de la Sécurité, a martelé : « Quel que soit l’endroit où ils résident, on ira les chercher ». Le ton est ferme. L’État entend neutraliser ce qu’il considère comme une menace pour la stabilité de la région.
Le Mouvement du 6 juin, constitué de quatre figures de la diaspora, notamment le chanteur Zaga Bambo, assume sa posture contestataire et appelle déjà à de nouvelles mobilisations les 16 et 17 juillet, en marge des élections municipales. Le groupe, qui tient son nom de la date d’anniversaire du président, réclame sa démission.
Les ministres togolais ont par ailleurs dénoncé l’usage incontrôlé des réseaux sociaux, qualifiés de « menace pour l’État de droit », reprenant à leur compte des propos de l’ancien président américain Barack Obama. Le bras de fer entre le régime et la contestation semble loin de s’apaiser.
Clément KOKOU
