Crise à l’union progressiste le renouveau : charlemagne yankoty brise le silence et prône un retour aux valeurs militantes

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Invité de l’émission « De vous à nous » sur Peace FM, le Maire de Porto-Novo, Charlemagne N. Yankoty, s’est exprimé sans détour sur la crise que traverse l’Union Progressiste le Renouveau. Entre fidélité assumée et désillusion politique, il appelle à un sursaut moral fondé sur l’éthique, l’unité et les valeurs fondatrices du militantisme.

D’entrée de jeu, l’édile de la capitale béninoise donne le ton : « Porto-Novo va bien ». Une affirmation sereine qui traduit, selon lui, le climat apaisé et la dynamique de développement en cours dans la ville capitale. Ce climat favorable, il le rattache à une gouvernance municipale structurée, résolument tournée vers des résultats tangibles.

Charlemagne Yankoty fait état d’avancées notables dans les secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation, les infrastructures routières, et met en lumière le projet-phare de l’Hôtel de Ville — une œuvre de plusieurs milliards de francs CFA, rendue possible grâce au soutien du Président Patrice Talon.

Le Maire évoque également le programme « Porto-Novo Ville Verte », qu’il qualifie d’axe stratégique du développement durable local. Il insiste par ailleurs sur la contribution de la mairie à la paix sociale, à travers la résolution de crises communautaires et sportives, notamment au sein de la communauté musulmane et du club de football Dragons de l’Ouémé. « Porto-Novo respire mieux », résume-t-il.

Des finances contraintes, mais une gestion responsable

Malgré cette dynamique, Charlemagne Yankoty reconnaît les défis budgétaires qui limitent l’action communale. Il déplore la réduction des ressources propres des communes, conséquence de la centralisation de certaines fonctions comme l’état civil et le foncier. Si les dotations du FADeC constituent un palliatif, leur consommation reste entravée par des lourdeurs administratives. Le classement de Porto-Novo à la 23e place nationale en matière d’exécution de crédits FADeC en est, selon lui, un symptôme.

Le Maire préfère parler de « blocages administratifs » plutôt que d’un défaut de performance. Il pointe notamment la complexité des procédures de passation de marchés et les contrôles financiers rigides, tout en saluant la résilience de ses équipes dans un contexte contraint.

Décentralisation : une réforme à affiner

Sur le plan institutionnel, le Maire affiche son adhésion à la réforme de la décentralisation, qu’il qualifie de « nécessaire et courageuse ». Il salue la professionnalisation de l’administration locale à travers l’introduction des Secrétaires Exécutifs. Cependant, il note un démarrage heurté, marqué par une perte d’autonomie des élus, des tensions fonctionnelles et une confusion des rôles.

« Le Maire reste le premier responsable politico-administratif de la Commune », rappelle-t-il, tout en appelant à un réajustement du cadre légal pour mieux répondre aux spécificités locales. Il insiste sur l’importance d’un dialogue constant entre l’État et les communes pour garantir l’efficacité du processus.

Crise à l’UPR : désillusion, loyauté et appel à l’unité

Abordant la situation interne à l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Charlemagne Yankoty ne masque pas son désenchantement. Il déplore la perte des repères idéologiques, le non-respect des engagements pris, et s’inquiète de l’image ainsi renvoyée des Porto-Noviens : « Quand la parole n’a plus de valeur, c’est l’image du Porto-Novien qui est salie », lance-t-il avec gravité.

S’il affirme rester fidèle au parti, il n’exclut pas une cassure. « Je ne souhaite pas la cassure, mais si cela arrive, nous allons nous y adapter », avertit-il. Candidat pressenti aux élections générales de 2026, il se dit prêt à toute mission que son parti lui confiera, mais appelle surtout à un retour à l’éthique, à l’honnêteté et à la paix politique.

Remobilisation et reconstruction des bases

Malgré les tensions, le Maire de Porto-Novo croit à une remobilisation des forces militantes. Il annonce la relance des cellules de base de l’UPR dans la ville et en appelle à l’unité autour des principes de loyauté, d’intégrité et de service public. « Nous fouettons les bases », déclare-t-il, résolu à réinsuffler un nouvel élan au militantisme local.

Marc KOSSOU

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