Pour son engagement politique entre 2019 et 2021 : bacoudou morille flavien contraint à l’exil (La vie du journaliste en danger face à la ruse et la rage du régime Talon)

Actualité

La démocratie béninoise est en berne depuis le 6 Avril 2016, date de l’avènement au pouvoir du Président Patrice Talon et de l’installation du régime dit de la Rupture. En effet, ledit pouvoir a fait l’option des élections exclusives, empêchant les partis de l’opposition de participer aux joutes, qui fondent pourtant leur existence. Ce fut le cas des législatives de 2019 et de la présidentielle de 2021. Elles ont abouti à un parlement monocolore et un Président de la République illégitime, car élu en réalité avec près de 70% d’abstention. Cette option dictatoriale n’est évidemment pas du goût de tous les citoyens béninois. Certains, épris de paix et de justice, ont donné de la voix et manifesté avant, pendant et après les élections incriminées. Parmi ceux-ci, se trouve le journaliste Bacoudou Morille Flavien , sociétaire de Racine Africa TV, la chaîne panafricaine avec sa célèbre émission « sans Tabou ».

Connu pour son audace et son franc-parler, il a dénoncé à visage découvert les sanglantes manifestations de rue de 2019. Interpellé par la police pour son point de vue, il sera finalement libéré à la faveur de la décrispation des tensions politiques et des mesures d’assouplissement accordées provisoirement aux militants de l’opposition proches de l’ancien président Boni Yayi, qui avait lui-même été en son temps, embrigadé pendant 52 jours à son propre domicile par le pouvoir. Après ce sombre épisode, le sieur Bacoudou Morille Flavien va commencer par faire les navettes entre le Togo et le Ghana, dès Juillet 2021. Cette décision a été mue par sa volonté d’échapper au rouleau compresseur du pouvoir, étant donné que des personnalités telles que Nadine Okoumassoun, Joseph Tamègnon, Alexandre Hountondji, Bah Sabi Sero Gbassi Alidou, Moussé Arouna et Ali Houdou avaient été arrêtés courant Avril 2021. La CRIET, une juridiction d’exception béninoise décriée pour ses procès expéditifs, les accuse de terrorisme et d’atteinte de sûreté de l’Etat. Un chef d’accusation monté de toute pièce pour clouer au pilori des opposants qui, les mains nues, ont organisé la résistance à la dictature sur toute l’étendue du territoire national.

Dans ses navettes, il continue de mener la lutte pour la préservation et la consolidation de la démocratie béninoise. Une « outrecuidance »qui lui a valu d’être activement recherchée. Une sorte de fatwa tacite contre la démocratie et qui plane comme une épée de Damoclès sur sa tête, l’empêchant de rentrer sereinement chez lui, alors qu’il n’a commis aucun crime de droit commun. Pis, dans ses navettes, l’intéressé affirme faire l’objet de menaces téléphoniques par des inconnus.
Il urge donc que la communauté internationale s’intéresse à la situation, afin que le journaliste Bacoudou Morille Flavien comme beaucoup d’autres dans le cas, recouvre son entière liberté d’aller et de venir, l’un des droits humains fondamentaux et inviolables.
Pour l’heure, Bacoudou Morille Flavien dans ses heures chaudes était obligé de raser la tête pour tromper la vigilance de ses détracteurs ne peut que se cacher aux USA pour s’éviter les affres des prisons beninoises qui sont désormais des couloirs de la mort sous le régime de la Rupture.

Loris S. Mahougnon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *