Le Bénin, entre temps très loin de la position de leader en coton, se révèle davantage au monde. En quatre ans, le pays a doublé sa production de coton et supplanté tous ses concurrents africains. Avec notamment de meilleurs rendements et plus de revenus pour les producteurs et pour l’État, le pays suite, à la campagne 2022-2023 confirme de nouveau sa position de la première place devant le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ses concurrents de l’Afrique.
Le Bénin depuis 2018 est le géant et meilleur producteur de coton. Il vient de récolter près de 587.000 tonnes de coton. Avec cette performance, il surplombe tous les pays du continent africain. Même si cet effort est en baisse par rapport au record de l’année 2018-2019, le pays a fait mieux que les autres tels que le Mali et le Burkina Faso deux rivaux de la filière cotonnière. Cet effort est le résultat des différentes réformes dans le sous-secteur agricole au Bénin. En effet, le gouvernement a investi 180 milliards pour cette performance en 2018-2019 et même bagatelle d’investissement en 2021. Cela a permis au pays d’avoir une devise correspond à 728.000 tonnes de coton brut. Ces devises sont restituées au pays par le Bangladesh, premier acheteur du coton béninois. D’autres pays d’Asie demeurent ses clients qui lui déposent des devises en contrepartie des tonnes de coton. On note par exemple 4000 milliards de dollars encaissé par le Bénin du Bangladesh par campagne. C’est l’heure d’aisance qui retentit pour les acteurs et pour l’économie béninoise. Car selon l’économiste Nicolas Agbossou, les performances du coton renforceront le PIB parce que pour lui, plus la production est élevée, le PIB augmente et par conséquent le revenu national se maximise. Dès lors, on assistera à la répartition de ce revenu sur toutes les différentes couches de la Nation. Cela signifie que l’Etat disposera des moyens afin de mieux répondre aux aspirations de ses concitoyens.
C’est pourquoi les autorités béninoises décident de la transformation locale des fibres du coton. Elles projettent la mise place de trois usines intégrées de transformation dans les sept prochaines années. Ces usines sont déjà en montage dans la Gdtz selon le porte-parole du gouvernement. Désormais, les matières premières dérivées du coton seront transformées sur le territoire béninois. A en croire le directeur de la Société d’investissement et de promotion de l’industrie Letondji Béyéton « la plus-value attendue ira au-delà des dizaines de milliards. Ainsi, le Bénin sera en mesure d’employer plus de 160 mille jeunes en quête d’emploi. Le petit pays de l’Afrique atteindra une valeur marchande de 11,26 milliards de dollars. Il précise que d’ici décembre 2023, les usines en construction doivent mettre sur le marché leurs premiers mètres de tissu.
Pour sauvegarder ces exploits et exceller en industrialisation, l’Etat béninois doit maintenir le cap et définir d’autres programmes de développement sectoriel. Il faut donc que les usines annoncées ne soient jamais des éléphants blancs ; l’ambition d’atteindre un million de tonnes se réalise d’ici peu.
Victorien Adjihanou COUTON
