Depuis 2023, la ville de Lokossa, chef-lieu du département du Mono, est en proie à une crise persistante d’approvisionnement en eau potable. Un communiqué officiel de la Direction Départementale de la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB) Mono-Couffo, daté du 30 novembre 2023, annonçait une modification du programme de délestage en vigueur depuis le 8 janvier 2023, en raison de l’insuffisance de la ressource en eau. Pourtant, malgré la mise en place d’un système d’alimentation alternée, les populations continuent de subir des coupures fréquentes et imprévisibles, aggravant ainsi leurs conditions de vie.
Si, selon le calendrier de distribution communiqué par la SONEB, certains quartiers de Lokossa devaient bénéficier d’un approvisionnement partiel en eau à des jours précis, la réalité est toute autre. Plusieurs habitants dénoncent des interruptions imprévisibles, même durant les créneaux supposés garantir l’accès au service public.
« Nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Même les jours où l’eau est censée revenir, nous restons avec des robinets à sec », témoigne dame Amoussou, résidente du quartier Tchicomey. Cette situation oblige de nombreuses familles à recourir aux forages privés, dont les coûts élevés accentuent les inégalités sociales. Les plus démunis, eux, parcourent de longues distances à la recherche d’un point d’eau accessible, exposant ainsi leur santé à des risques accrus liés à la consommation d’une eau de qualité incertaine.
Des conséquences sanitaires et économiques préoccupantes
Outre les désagréments quotidiens, la pénurie d’eau à Lokossa engendre des conséquences alarmantes sur la santé publique. Pour de nombreux habitants, le manque d’eau bouleverse le quotidien. Les familles peinent à couvrir leurs besoins essentiels, notamment pour la cuisine, l’hygiène et les tâches ménagères. « Il faut se lever à l’aube pour espérer remplir quelques seaux, mais même là, ce n’est jamais garanti », raconte une mère de famille.
Les activités économiques subissent également un coup dur. Les commerçants, artisans et restaurateurs, dont le travail dépend fortement de l’accès à l’eau, enregistrent des pertes considérables. Une vendeuse de denrées alimentaires déplore : « Sans eau, il est impossible de préparer les plats à temps, ce qui fait fuir la clientèle. »
Un appel pressant aux autorités
Bien que la SONEB ait présenté ses excuses et demandé aux populations de se constituer des réserves, les habitants estiment que cette solution est insuffisante. Ils réclament des actions concrètes pour améliorer l’accès à l’eau potable et une communication plus claire sur l’évolution de la situation.
Un responsable communautaire souligne l’urgence d’une intervention : « Il est inadmissible qu’en 2025, une ville comme Lokossa soit toujours confrontée à de telles difficultés pour un besoin aussi fondamental. Nous exigeons des mesures durables pour mettre fin à cette crise. »
En attendant une amélioration, les populations continuent de vivre dans l’incertitude, confrontées quotidiennement à un calvaire silencieux, mais bien réel : celui de la soif.
Marc KOSSOU
