Soutenance de Thèse à l’UNSTIM-Abomey : Dorothée Bidossessi DJENOU décroche son Doctorat en Génie Civil

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À l’UNSTIM d’Abomey, Dorothée Bidossessi DJENOU a soutenu avec succès sa thèse de doctorat présentant un géopolymère local capable de remplacer le ciment importé. Cette technologie élaborée à partir de cendres de riz et d’argile, répond à un double enjeu : réduire la dépendance aux importations et lutter contre le changement climatique en valorisant des résidus agricoles.

Sous les applaudissements nourris à l’Université Nationale des Sciences, Technologies, Ingénieries et Mathématiques (UNSTIM) d’Abomey, Dorothé Bidossessi DJENOU est devenu depuis l’après-midi de ce vendredi 19 décembre 2025, le premier docteur du Bénin à avoir révolutionné la science des matériaux de construction routière à partir de ressources purement locales. Sa thèse, intitulée « Étude de grave latéritique stabilisée aux cendres de balles de riz et au géopolymère local pour couche d’assise de route au Bénin », ouvre la voie à une autonomie technologique et écologique dans le secteur des infrastructures routières.

Le point de départ de la recherche est un chiffre choc. Chaque tonne de ciment produite libère environ une tonne de CO₂ dans l’atmosphère. Une action qui contribue au réchauffement climatique. Face à cette urgence écologique et dans un contexte de recherche de souveraineté technologique, Dorothée Bidossessi DJENOU s’est donné le défi de réduire la dépendance au ciment importé en inventant des liants alternatifs à base de ressources locales.

 

Il s’agissait de trouver des solutions locales pour atténuer le réchauffement climatique. Le Bénin dispose de graves latéritiques abondantes et produit des quantités importantes de balles de riz, souvent brûlées à l’air libre. Il est important de valoriser ces résidus agricoles pour nos routes, a expliqué le nouveau Docteur lors de sa présentation.

Du géopolymère local pour des routes plus résistantes

L’innovation de Docteur DJENOU est à la fois technique et environnementale. En effet, le matériau développé répond aux normes de résistance mécanique requises pour les couches d’assise de chaussées. Il valorise également les résidus agricoles, supprime l’empreinte carbone du ciment et favorise une économie circulaire. Les travaux, menés au Laboratoire d’Étude et d’Essais en Génie Civil de l’UNSTIM en partenariat avec la Société Nationale d’Essais et de Recherche en Travaux Publics (SNERTP), ont abouti à un résultat prometteur. Il s’agit de la stabilisation des graves latéritiques (matériaux granulaire locaux) par un géopolymère conçu à partir de cendres de balles de riz et d’argile locale transformée.

Après délibération, le jury a unanimement accepté la thèse et décerné à Dorothée Bidossessi DJENOU le grade de Docteur de l’UNSTIM avec la mention Très Honorable tout en lui recommandant déposer un brevet pour protéger son innovation.

« Le sujet est d’actualité mettant en exergue la valorisation des résidus de balles de riz notamment d’agricoles. Vous avez adopté une méthodologie très rigoureuse et obtenu des résultats très importants, utilisable dans le domaine de BTP notamment dans l’ingénierie routière avec un impact positif sur l’environnement. Des résultats qui contribuent à l’atteinte des objectifs du Développement Durable. Vous avez fait une excellente présentation dans le temps imparti et su répondre aux préoccupations des membres du jury. Les résultats obtenus ont été valorisés par cinq articles scientifiques publiés dans les revues de science internationale », a déclaré le Président du Jury.

Cette soutenance lance une innovation qui pourrait transformer la politique d’infrastructures routières au Bénin. Elle incarne un nouveau modèle de recherche : ambitieuse scientifiquement, mais au service du développement durable.

Une soutenance sous haute autorité scientifique

Rappelons que le jury, présidé par le Professeur ADJOVI Edmond Codjo, Recteur de l’Université Nationale des Sciences, Technologies, Ingénieries et Mathématiques (UNSTIM) d’Abomey, était composé d’éminents chercheurs venus du Sénégal, du Congo, et du Bénin. Il s’agit des rapporteurs, le Professeur LO Mamadou Lamine (École Polytechnique de Thiès, Sénégal), le Professeur MALANDA Narcisse (Université Marien Ngouabi, ENSP Congo) et le Docteur CHABI Edem (Université Nationale d’Agriculture, Kétou), Maître de Conférences. Le Docteur ADEOTI Oyérian Guy, Maître de Conférences est l’examinateur. Tous ont salué la rigueur et la portée pratique des travaux de l’impétrant, dirigés par le Docteur Marx Ferdinand AHLINHAN, Maître de Conférences également membre du Jury.

Megan Valère SOSSOU

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