La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a confirmé, ce lundi 15 décembre, la condamnation du cyberactiviste Steve Amoussou à deux ans de prison ferme assortis d’une amende de deux millions de francs CFA. La juridiction d’appel a ainsi entériné la décision rendue en première instance.
Steve Amoussou était poursuivi pour harcèlement par voie électronique, diffusion de fausses nouvelles et incitation à la rébellion, en lien avec le compte « Frère Hounvi », connu pour ses chroniques virulentes à l’encontre du président Patrice Talon et de son entourage. L’accusation d’injure à motivation politique, retenue initialement, a toutefois été écartée.
Ses avocats, tout en prenant acte de la décision, ont exprimé leur soulagement de voir la peine non aggravée. « Il fait contre mauvaise fortune bon cœur », ont-ils confié, tout en regrettant que la juridiction n’ait pas accédé à leur demande d’annulation ou de réduction de la sanction.
Tout au long de la procédure, entamée il y a plus d’un an, Steve Amoussou a nié être l’auteur des chroniques publiées sous le pseudonyme incriminé. Le procureur a, pour sa part, relevé que ces publications ont cessé depuis son incarcération.
Maître Aboubakar Baparapé, l’un de ses conseils, continue de dénoncer une décision qu’il estime infondée :
« Je conteste cette condamnation qui ne repose sur aucune preuve tangible. Les droits de la défense doivent prévaloir sur toute autre considération », a-t-il déclaré.
Arrêté en août dernier à Lomé, où il résidait, Steve Amoussou avait été conduit au Bénin dans des circonstances ayant suscité une vive polémique. Il lui reste désormais environ huit mois de détention à purger.
Marc KOSSOU
