Côte d’Ivoire : Un quatrième mandat pour Alassane Ouattara, l’opposition crie à la dérive autoritaire

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Le président ivoirien Alassane Ouattara a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, annonçant sa volonté de briguer un quatrième mandat. Cette décision, attendue mais controversée, a été rendue publique non pas lors d’un discours solennel, mais à travers une vidéo sobre diffusée sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 83 ans, le chef de l’État affirme que la Constitution lui permet de se représenter et que son état de santé demeure compatible avec les exigences de la fonction. Il justifie également sa candidature par la nécessité de relever les défis sécuritaires, économiques et monétaires qui, selon lui, requièrent « expérience et stabilité ».

Cette annonce intervient après un congrès géant du RHDP, parti au pouvoir, qui a rassemblé plus de 60 000 militants au stade d’Ebimpé pour désigner Ouattara comme leur unique candidat. Une démonstration de force qui contraste avec la sobriété de l’annonce elle-même.

Toutefois, cette candidature fait l’objet de vives critiques de la part de l’opposition. Plusieurs leaders politiques dénoncent une « violation flagrante de la Constitution » et une « remise en cause de l’État de droit ». Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, radié des listes électorales, y voit une manœuvre antidémocratique, tandis que Damana Pickass (PPA-CI) évoque un « coup d’État constitutionnel ».

Pascal Affi N’Guessan (FPI) estime, pour sa part, que cette candidature reflète « une personnalité instable et peu respectueuse de ses engagements », rappelant qu’en 2020, Alassane Ouattara avait promis de ne pas se représenter en 2025. Guillaume Soro, ancien président de l’Assemblée nationale et opposant en exil, fustige lui aussi un « mépris des principes fondamentaux de la démocratie ».

Malgré ces contestations, aucune voix discordante n’a émergé au sein du RHDP. Le ministre Mamadou Touré et le secrétaire exécutif Ibrahima Cissé Bacongo ont exprimé, au contraire, leur entière satisfaction et leur fidélité à leur leader.

Cette nouvelle candidature rouvre un débat juridique et politique profond sur la limitation des mandats en Afrique de l’Ouest, et fait craindre à certains observateurs une fragilisation accrue de la démocratie ivoirienne à l’approche d’un scrutin à haut risque.

M K

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