À l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du Bénin, célébré le 1er août 2025, le Président Patrice Talon a marqué les esprits par un geste fort de portée diplomatique et symbolique. Deux pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont été officiellement invités à prendre part au traditionnel défilé militaire organisé à Cotonou. Une décision qui, au-delà de la solennité républicaine, suscite déjà de nombreux commentaires dans les milieux politiques et intellectuels.
Parmi les voix les plus respectées ayant salué cette initiative, celle du Patriarche Urbain Karim da Silva retentit avec clarté et sagesse. Pour ce monument de la mémoire politique africaine, ce geste du chef de l’État béninois « transcende les simples usages diplomatiques » et témoigne d’« une vision lucide et courageuse de l’unité africaine, dans un contexte marqué par les tensions sous-régionales ».
« Il s’agit d’une main tendue vers des peuples frères, d’un appel à la paix et à la solidarité africaine, là où certains préfèrent dresser des murs », déclare-t-il. Et de poursuivre : « Le Président Talon agit ici en homme d’État soucieux de la stabilité régionale, en posant un acte de réconciliation et de responsabilité historique. »
Une réponse politique à une fracture régionale
La présence annoncée de délégations issues de l’AES prend tout son sens au regard des tensions persistantes entre cette alliance sahélienne et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Alors que les lignes de fracture se durcissent entre les blocs, l’initiative du Bénin apparaît comme un signal fort en faveur d’un dépassement des antagonismes idéologiques. Selon le Patriarche da Silva, ce choix stratégique rappelle l’impératif d’union au-delà des divergences institutionnelles.
« Le Bénin, tout en demeurant fidèle à ses principes démocratiques, refuse de rompre avec ses attaches historiques et culturelles profondes avec ses voisins du Sahel », martèle-t-il.
Une voix d’expérience qui inspire
À 90 ans passés, Urbain Karim da Silva n’est pas seulement un témoin de l’histoire politique du continent : il en est l’un des sages les plus écoutés. Son analyse puise dans des décennies d’engagement et d’observation lucide de la scène africaine. Depuis l’émergence des tensions entre le Bénin et le Niger notamment, il s’est illustré par des appels répétés au dialogue et à l’apaisement.
Aujourd’hui, avec la participation effective de deux pays de l’AES à la fête nationale béninoise, sa parole prend tout son relief : « Il n’a pas prêché dans le désert », soulignent plusieurs observateurs. Son plaidoyer en faveur d’une Afrique unie face aux défis communs — insécurité, pauvreté, changement climatique, migration — trouve un écho retentissant dans la démarche présidentielle.
Un appel à l’unité nationale
Dans un autre registre, le Patriarche da Silva s’est également adressé aux forces politiques béninoises, notamment à l’opposition. À l’approche du 1er août, il a lancé un appel vibrant à la trêve et à la communion patriotique : « La fête de l’indépendance est celle de tout le peuple béninois. Ce jour-là, il n’y a ni majorité ni opposition, mais uniquement des filles et fils du Bénin rassemblés autour de leur Nation. Accordons-nous une trêve, éteignons nos rancœurs, oublions nos différends et célébrons, de tout cœur, notre pays. »
Un message fort, empreint de sagesse et d’espoir, qui invite les acteurs politiques à transcender les clivages pour s’unir autour de l’essentiel : la patrie béninoise.
En tendant la main au Sahel, Patrice Talon envoie un signal fort en faveur de la paix et de l’intégration régionale. Et dans ce contexte, la voix du Patriarche da Silva vient rappeler que la sagesse, l’unité et la lucidité sont plus que jamais indispensables pour forger une Afrique résolument tournée vers un avenir commun.
M K
