Togo : déploiement des forces de l’ordre à lomé après des appels à manifester contre le pouvoir

Inter

Au Togo, des appels à manifester ont été relayés sur les réseaux sociaux à partir de ce mercredi 26 juin, et pour une durée de trois jours. En réponse, un important dispositif sécuritaire a été déployé dans la capitale, Lomé, où la mobilisation reste pour l’heure timide.

« La ville est anormalement calme », partage un témoin sur place. À Lomé, les rideaux des magasins sont baissés, les commerçants du marché central n’ont pas ouvert leurs échoppes, et la circulation est quasi inexistante.

Des tensions ont néanmoins été signalées, notamment dans le sud-est de la capitale. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes dans plusieurs quartiers, notamment à Bè, Bè Kpota et Adakpamé. Dans ce dernier, certaines rues ont été bouclées, raconte la même source. Aux côtés de la police, des témoins notent la présence de nombreux miliciens à bord de véhicules non immatriculés, à visage découvert, cordelette, matraque et fusil à la main. La confrontation n’a pas duré longtemps : la pluie a commencé autour de 13h locale et a dispersé aussi bien policiers, manifestants que les rares passants.

Les forces de sécurité ont été déployées en nombre. Selon des interlocuteurs sur place, des policiers armés de matraques et de boucliers sont visibles à chaque coin de rue. Des patrouilles sont aussi régulièrement observées à travers la ville.

Des appels à manifester contre le pouvoir

Depuis quelques jours, les appels à manifester contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, à la tête du Togo depuis 2005 se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Une mobilisation qui rappelle celle du 6 juin dernier. Un mouvement dont le point de départ avait été le cas du rappeur Aamron, arrêté chez lui, interné en hôpital psychiatrique et relâché samedi dernier.

Ce jour-là, plus de 50 personnes ont été interpellées lors de premières manifestations, rares au Togo ces dernières années. Selon plusieurs sources, trois sont encore détenues.

De son côté, le gouvernement togolais a rappelé, dans un communiqué publié la semaine dernière, les dispositions pour organiser des manifestations ou des réunions publiques. Il précise que « tout appel à manifestation conduisant à une désobéissance ou à une révolte du peuple, source de troubles à l’ordre public, constitue une violation flagrante des textes en vigueur ».

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