Face à la polémique : paulin akponna se confesse et s’incline devant la nation

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Dans un geste empreint d’humilité et de lucidité, l’ancien ministre Paulin Akponna a présenté ce vendredi 27 juin 2025 des excuses publiques, suite à des propos polémiques tenus lors d’une activité politique du Bloc Républicain à Parakou. Son communiqué, diffusé dans un contexte de fortes tensions au sein de la mouvance présidentielle, tranche par sa tonalité sincère et introspective.

Invité à s’adresser aux populations des quartiers de Titirou, Okédama et Korobororou sur les thématiques de l’accès à l’eau potable, de l’électrification, de l’emploi des jeunes ou encore de l’autonomisation des femmes, l’ancien ministre a évoqué, à l’étape de Korobororou, un présumé « siphonage du budget national portant sur des dizaines de milliards de FCFA ». Une déclaration qui a rapidement été interprétée comme une accusation grave à l’encontre de son prédécesseur, le ministre Samou Seïdou Adambi.

Prenant la pleine mesure des conséquences de ses propos, Paulin Akponna a choisi de rompre le silence. Il déclare : « Avec un léger recul, je mesure la gravité de ces propos dont j’assume l’entière responsabilité. Aucune preuve ne sous-tend mes propos. » Allant plus loin dans sa démarche, il adresse des excuses publiques non seulement à M. Adambi, mais aussi au Président de la République, à l’ensemble du gouvernement, à la Nation béninoise et à sa formation politique, le Bloc Républicain.

Reconnaissant une « faute politique gravissime » et une « erreur de communication », l’ancien ministre confesse : « Ma pédagogie de piètre profane politique a péché par des exemples inappropriés et auto-accusateurs de l’équipe à laquelle j’appartenais. J’en suis à nouveau désolé. »

Dans un passage fort de son message, il souligne : « Je voudrais noter humblement le caractère sacré de la parole en matière politique : tout m’engage et devrait être pesé et sous-pesé. J’en tire les leçons. »

Dans une atmosphère politique souvent marquée par la fuite en avant ou la surenchère, Paulin Akponna fait figure d’exception en s’exprimant avec une rare dignité, reconnaissant ses torts et s’inclinant – selon ses mots – devant les symboles et les valeurs républicaines : « Je fais la génuflexion de ma coutume nago. »

Cependant, au-delà de cette repentance publique, l’affaire pourrait connaître des rebondissements judiciaires. En effet, son prédécesseur, Samou Seïdou Adambi, a déjà saisi la justice afin que Paulin Akponna vienne s’expliquer et surtout apporter les preuves de ses graves allégations. Si les excuses sont saluées sur le plan moral et politique, la question désormais est de savoir quelle sera l’issue juridique de ce dossier.
L’humilité affichée suffira-t-elle à éteindre l’action en justice enclenchée ?
Le dernier mot appartient désormais aux juridictions compétentes.

Marc KOSSOU

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