Harcèlement en milieu scolaire au bénin : les aspirants au métier de l’enseignement au banc des accusés

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Depuis quelques jours, une traque sans merci se fait contre les aspirants au métier de l’enseignement. Le but est de pérenniser la vision du gouvernement qui consiste à avoir plus de filles à l’école. Pour ce faire, il faut décourager les hommes qui sont aux trousses des jeunes filles adolescentes notamment les apprenties et les élèves. 

5 ans de prison ferme. C’est le minimum que peut avoir une personne coupable d’avoir entretenue des relations avoir les jeunes élèves et apprenties. Avec une telle sentence, l’on pourrait se demander celui qui peut oser s’approcher des filles adolescentes de nos collèges et lycées mais aussi de nos centres d’apprentissage. Pourtant c’est le cas depuis quelques semaines voire quelques mois où des enseignants sont dénoncés, arrêtés et mis sous mandat de dépôt. On leur reproche d’avoir entretenu des relations sexuelles avec leurs élèves ou d’être auteur du harcèlement envers les filles. Les cas récents sont ceux du CEG1 Ekpè et du lycée Tofa1er. Dans ces deux centres du savoir, deux AME ont été arrêtés et jetés en prison, un mis sous convocation et d’autres en cavale. Cette catégorie d’enseignant est fréquemment citée dans des affaires extrascolaires ces derniers temps. On se demande dès lors si le gouvernement a mal fait de faire des réformes visant à améliorer le quotidien de ces concitoyens. Tout semble converger vers une réponse affirmative. Pourtant, pourtant le problème est ailleurs. Est-ce qu’il suffit de terminer l’année de licence à l’université ou faire un BAPES à l’école normale pour prétendre être un bon enseignant ? La réponse est non. Il faut nécessairement des formations complémentaires notamment dans le domaine législatif surtout pour les nouveaux enseignants afin de leur permettre d’être imprégné de certaines réalités avant de démarrer les cours. Encore que ce phénomène décrié de nos jours n’est pas seulement le fait de cette catégorie d’enseignant dénommé AME. Les ACDPE, les ACE, les fonctionnaires d’état et même les administratifs sont aussi coutumiers du fait. Certainement que c’est le statu de ces derniers (AME) qui milite en leur défaveur surtout que sans plainte, l’auxiliaire de justice ne trouverait pas du travail. Malgré cette traque, plusieurs jeunes filles à l’heure actuelle sont avec des ventres ballonnés dans nos lycées et collèges sans que le petit doigt ne soit levé pour connaitre les auteurs de ces grossesses.

Dans un collège situé dans le premier arrondissement de Porto Novo, une élève de 23 ans confia à votre rédaction que cette lutte est noble mais sans fondement de son point de vue. Pour elle le problème est ailleurs et il urge pour chaque apprenant de se mettre au sérieux pour ne pas tomber facilement dans le piège des hommes « Si un homme me drague, je ne suis pas obligée de lui dire oui. Si je le fais, c’est par consentement et il serait malhonnête d’aller se plaindre au commissariat pour jouer plus tard les héroïnes. Et d’ailleurs poursuit-elle, les vrais harceleurs ne sont pas les enseignants mais plutôt les maitres maçons, ferrailleurs, plombiers, carreleurs et pire nos surveillants généraux. Parfois on peut en trouver les magistrats, les avocats, les policiers….  Tout ceci se passe ainsi sous le regard coupable des parents qui lorsqu’il s’agit de ces catégories socio professionnelles donnent leur aval car les finances sont en jeux » a-t-elle dénoncé.   C’est donc un phénomène qui a atteint toutes les couches sociales et il serait regrettable de stigmatiser les enseignants uniquement surtout les AME. Bien sûr, il est important pour chaque enseignant de se mettre en tête que les jeunes filles élèves ne sont pas leur femme ni leur maitresse. Elles sont leurs sœurs, leurs filles…. Et en tant que tel, il urge adopter des attitudes responsables.

Serge AVIDJEME

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