Le « bomiwo » ou la pâte assaisonnée: de la tradition au goût passion

Culture Opinion Une

Découvrir et déguster ce plat traditionnel chaud et savamment rehaussé, quelque part dans le Bénin et plus précisément à Lokossa à cette date importante et signifiante du 10 janvier (Fête du Vodoun) a été plus qu’une expérience culinaire. Ce fut une aventure culturelle sans pareille qui a laissé des traces. La belle preuve, plusieurs années après, le goût de ce délicieux repas pris en coup de vent…Inoubliable (Sourire).

C’est en effet l’un des plats typiquement béninois qui ne s’écrit pas avec les mêmes lettres que « Culture », qui n’a pas non plus la même terminaison et la même résonance dans la prononciation mais qui du fait de sa source et sa composition, rime parfaitement avec tradition.

Par contre, le bomiwo puisqu’il s’agit de ce mets, rime avec amiwo (Pâte rouge) et curieusement se cuisine de la même manière, à deux détails près: La couleur. Le amiwo à la fin de la préparation est rouge tandis que le bomiwo arbore une couleur genre « Blanc sale » ou beige et puis il y a aussi ce que raconte la légende au sujet du bomiwo.

Les éléments qui font l’originalité de cette pâte de maïs commencent par sa signification en langue nationale Fon: « Pâte de gris-gris », ses origines ou l’histoire de sa provenance qui raconte que sa consommation était exclusivement réservée aux ancêtres donc aux fétiches et enfin, sa préparation qui normalement se fait le plus naturellement que possible.

Méticuleusement assaisonné avec le jus de cuisson du poulet, des ingrédients et épices parmi lesquels le thym, le poivre, l’ail, les crevettes en farine et accompagnée avec du poulet bicyclette (De préférence) ou des ailerons de dinde frits, le bomiwo préparé à la base avec de la farine de maïs est un repas goûteux et copieux.

Enrichi de piment écrasé, d’oignons grossièrement hachés ou finement coupés, le bomiwo répond non seulement au besoin de manger sain mais également à celui de se ressourcer à la marmite de la tradition. Il faut effectivement relever que pour demeurer dans l’esprit tradition, les additifs alimentaires tels que les bouillons encore appelés cubes, ne sont pas admis dans l’élaboration de ce repas puisqu’ils semblent dénaturer l’essence même de ce vieux plat profondément ancré dans la culture béninoise.

L’autre chose, manger du bomiwo les jours ordinaires comme les jours de fête et plus particulièrement le 10 janvier, fête du Vodoun, c’est se mettre bien tout en prenant une part active à la valorisation de la cuisine du terroir. Le consommons local en prend ainsi un sacré bon coup de bien.

Ce n’est pas sans compter avec le concours de ces ingénieux cuisiniers et restaurateurs (Comme la casserole de Dossi) que j’ai envie d’appeler « Gardiens de la tradition culinaire », qui à travers les menus proposés chaque jour, continuent de programmer le plat du bomiwo. De cette manière, ils perpétuent la mémoire du dit mets, réchauffent son histoire et l’imposent presque à la liste des repas de prédilection, donc des habitudes alimentaires des béninois.

Aussi consistant, appétissant et succulent qu’il soit, le bomiwo souvent consommé aux heures du déjeuner, est riche en saveur épicée et ce goût relevé à lui tout seul, vaut tous les autres repas de chez nous. Il n’y a qu’à tester le festin que représente chaque bouchée de ce repas pour s’en rendre compte. C’est un vrai régal aux senteurs du naturel, de la tradition et de la culture du 229.

Anita MARCOS

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