Depuis plus de deux ans que deux figures de l’opposition béninoise croupissent en prison après avoir été jugé par la CRIET pour des faits qui leur sont reprochés. Ainsi, Reckya Madougou et Joël Aivo peinent à trouver d’issue pour leur libération et ceci de la radicalisation de leur position vis-à-vis du pouvoir de Patrice Talon. Une situation qui ne les arrange pas.
A quand la remise en liberté de Reckya Madougou et Joël Aivo ? C’est la question que se posent la majorité des Béninois depuis que l’actuel locataire du palais de la Marina a commencé le processus de décrispation politique en posant des actes en faveur de la paix. Mais très difficile, pour le moment, de répondre à cette interrogation surtout que Mouvance et opposition se regardent en chien de faïence sur la question de leur libération.
Depuis leur condamnation par la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme CRIET, des voix se sont levées très tôt pour appeler à leur libération. Pour beaucoup, il s’agit d’un procès strictement politique dont le seul objectif est de les voir loin de la chose politique. D’autres estiment que leur incarcération serait une manière de mettre la pression sur eux afin qu’ils rejoignent le rang de la majorité. Avant leur arrestation en 2021, les deux personnalités politiques ont dit publiquement que l’actuel chef de l’état les aurait approchés afin qu’ils fassent partir de l’équipe choc capable de faire des résultats. Mais ces derniers ne l’attendaient pas de cette oreille et voulaient eux aussi dirigé comme patron. Le résultat est connu de tous. Invalidation de leur candidature pour défaut de parrainage et plus tard arrestation pour blanchiment de capitaux, terrorisme et atteinte à la sureté de l’état. Mais depuis l’eau a coulé sous le pont et des appels à leur libération se font entendre tant sur l’échiquier politique national que sur le plan international. A ce propos, la loi portant suspension des peines a été votée par les députés de la 8è législature pour permettre aux détenus qui sont sous le coup de la condamnation de demander la suspension de leur peine. D’aucuns au lendemain du vote de cette disposition y ont vu une loi taillée pour les deux prisonniers. Certains se sont même empressés de les inviter à saisir cette opportunité pour recourir à la liberté. Mais pour les avocats de ces derniers, il n’en est pas question puisque le faire serait synonyme de reconnaitre implicitement leur culpabilité. Chose qui rend alors difficile leur libération puisque jusque-là, le pouvoir en place n’entend pas démorde. C’est dans cette logique qu’au lendemain des élections législatives, les députés de l’opposition ont déposé une proposition de loi d’amnistie visant les prisonniers politiques et les exilés politiques. Très tôt, des voix se sont levées dans le rang de la majorité pour dénoncer cette initiative qui selon eux est mal pensée. D’autres députés de la majorité n’ont pas hésité à dire qu’ils ne voteront pas cette loi. Dans ce durcissement et radicalisation des positions des deux partis, il est évident le bout du tunnel est encore très pour les deux prisonniers qui ne peuvent avoir leur liberté et la remise totale de leur peine à la magnanimité du pouvoir public et surtout du chef de l’état Patrice Talon.
Serge AVIDJEME
